75ème anniversaire de la mort d’Émile Chanoux

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À l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de la mort d’Émile Chanoux, la Fondation Chanoux s’est jointe au Gouvernement régional, au Conseil de la Vallée et à l’Institut d’histoire de la Résistance et de la Société contemporaine en Vallée d’Aoste pour organiser le 18 mai 2019 une journée consacrée à sa figure, à son œuvre et à son héritage. 

Les travaux ont débuté dans la matinée avec le colloque De l’entretien du territoire aux changements climatiques, conçu principalement à l’intention des étudiants des lycées de la région. Après les allocutions des autorités sont intervenus le photographe naturaliste Stefano Unterthiner, le diplomate enseignant et écrivain Grammenos Mastrojeni et Alessandro Celi, président de notre institut qui a proposé en marge de sa communication la lecture de plusieurs extraits de textes d’Émile Chanoux. En effet, si la question de l’environnement et de l’entretien du territoire peut paraître lointaine de l’élaboration théorique de Chanoux, qui est principalement consacrée au fédéralisme, l’attention à la nature, aux montagnes et au rapport entretenu avec l’environnement par les générations d’hommes qui se sont succédées, représente un des piliers, peut-être un moins étudié, à la base de sa pensée.

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La journée a continué par une promenade dans la ville d’Aoste pour découvrir, en compagnie de l’historien Paolo Momigliano Levi, les lieux de la mémoire qui témoignent de la destinée tragique d’Émile Chanoux. Une petite assemblée est donc partie de l’angle entre rue François-Gabriel Frutaz et rue Giacomo Matteotti, où se trouvait la caserne de sécurité où Chanoux trouva la mort. Elle a ensuite rejoint place Innocenzo Manzetti, où se trouvaient alors la préfecture et la questura de la RSI, où Chanoux fut amené après son arrestation pour y être interrogé, le parc Emilio Lussu et rue Jean-Boniface Festaz où le notaire résidait et avait son étude et où il fut arrêté par les policiers de la RSI le matin du 18 mai 1944, pour arriver enfin place Albert Deffeyes en face au palais régional dont le fronton porte un des mots d’ordre d’Émile Chanoux Voir clair, vouloir vivre, tiré de son ouvrage L’Esprit de Victoire, réalisé par le sculpteur Cristiano Nicoletta.

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Enfin la salle de l’Hôtel des États a accueilli la projection du film documentaire Émile Chanoux fu suicidio o omicidio? de Patrizio Vichi suivi par la conférence La Grande Vaincue. L’Europe dans les “Écrits” d’Émile Chanoux, animée par Vilma Villot, directrice de l’Institut d’histoire de la Résistance et de la Société contemporaine en Vallée d’Aoste, et à laquelle ont participé Paolo Momigliano Levi et Alessandro Celi

Les deux historiens ont débattu de la place de l’Europe dans la réflexion chanousienne. En effet Chanoux fait une large place à l’option fédéraliste dans ses écrits, ce qui explique qu’il soit sensible à l’idée d’Europe unie, présentée dans le Manifeste de Ventotène. Dans son dernier texte, Federalismo e Autonomie, il s’est ainsi attaché à élaborer un projet de reconstruction de l’État conciliant un fédéralisme interne avec un projet d’États-Unis d’Europe, y voyant le premier pas vers un dépassement des nationalismes et des irrédentismes qui, lors des deux conflits mondiaux, avaient été sources de deuils et de destructions comme jamais auparavant et avaient déterminé l’effondrement du vieux continent et le passage de la primauté mondiale dans les mains États-Unis. L’Europe, écrivait Chanoux, avait été « la Grande Vaincue », mais elle aurait pu de nouveau aspirer à sa primauté civile si elle avait reconnu à tous les peuples qui la composent, grands et petits, ces droits fondamentaux de l’homme et du citoyen, qui avaient été piétinés par le « nouvel ordre européen » cher à Hitler et à Mussolini.

Écoutez en ligne la conférence 

La Grande Vaincue. L’Europe dans les “Écrits” d’Émile Chanoux - première partie

par Paolo Momigliano Levi

La Grande Vaincue. L’Europe dans les “ Écrits ” d’Émile Chanoux - deuxième partie

par Alessandro Celi

Grammenos Mastrojeni est un diplomate italien. Il a été, entre autres, délégué aux Nations Unies, consul au Brésil, conseiller politique à Paris et à la Farnesina et il collabore avec le Climate Reality Project, fondé par le prix Nobel Al Gore. Depuis une vingtaine d’années il consacre son attention aux changements climatiques et déjà dans les années ’90 il faisait le lien entre dérèglement climatique et instabilité sociale. Il a enseigné dans plusieurs universités, parmi lesquelles la Ottawa University qui lui a confié le premier cours de « environnement, ressources est géo-stratégie ».
Né à Aoste, Stefano Unterthiner s’est diplômé en Sciences Naturelles à Turin et a obtenu un doctorat de recherche en Zoologie à Aberdeen. Pendant ses études, il commence à collaborer avec des revues italiennes telles que « Oasis » et « Airone » et il obtient en 2000, pour un de ses premiers reportages, le prix LIPU Mario Pastore per il miglior giovane giornalista. Aujourd’hui c’est un photographe affirmé qui collabore avec des revues et des éditeurs dans le monde entier et dont les photographies ont remporté de nombreux prix internationaux.
Paolo Momigliano Levi est né à Turin en 1944, mais il vit et travaille en Vallée d’Aoste depuis 1972. Diplômé en philosophie, il a abandonné l’enseignement pour la recherche historique au sein de l’Institut d’histoire de la Résistance et de la Société contemporaine en Vallée d’Aoste, qu’il a dirigé pendant de nombreuses années. Auteur de volumes sur l’histoire et l’autonomie de la Vallée d’Aoste, en particulier pendant le fascisme, il a soigné l’édition des écrits d’Émile Chanoux.
Alessandro Celi est docteur de recherche en histoire contemporaine (Université de Udine) et diplômé à l’Ecole d’archivistique et paléographie des Archives nationaux de Turin. Professeur au Lycée classique de Aoste il collabore depuis 1997 aux activités de la Fondation Émile Chanoux. Il est l’auteur de plus de trente ouvrages, entre monographies et articles scientifiques, consacrés à l’histoire de la Vallée d’Aoste.