Emile
Chanoux naît le 9 janvier 1906 à Rovenaud de Valsavarenche.
A l'âge de 17 ans il commence à collaborer avec des journaux
: ses premiers articles contiennent déjà en germe tous les éléments
de la conception fédéraliste de la société, qu'il développera
de manière systématique à partir de 1926. En 1927 il obtient
sa licence en droit avec un mémoire traitant " Delle minoranze
etniche nel Diritto Internazionale ". Il devient membre actif
de la " Ligue Valdôtaine pour la protection de la langue française
dans la Vallée d'Aoste ", qu'il quitte à cause de divergences
irréductibles avec son Président sur l'appui à la politique
de Mussolini.
En 1925 il crée avec Rodolphe Coquillard le groupe d'action
régionaliste "Jeune Vallée d'Aoste", présidé par l'abbé Trèves,
qui est obligé d'agir clandestinement, poursuivi comme il l'est
par les organes du régime et par les sbires en chemise noire.
Après la mort de l'abbé Trèves, en 1941, Chanoux en recueille
l'héritage politique et il formule et explique ses théories
sur le renouveau de l'État italien et sur la renaissance politique,
administrative, économique et culturelle de la Vallée d'Aoste,
renaissance qu'il envisageait dans un État fédéral de type suisse.
Le 8 septembre 1943 il quitte Chambéry et regagne Aoste, où
il s'engage dans la préparation de la résistance armée au nazi-fascisme,
en devenant le chef reconnu de la lutte valdôtaine de libération.
Le 19 décembre 1943, accompagné par l'avocat Ernest Page, il
représente la Vallée d'Aoste à la rencontre de Chivasso, avec
des personnalités des vallées vaudoises ; cette réunion conclut
ses travaux par la rédaction d'un manifeste qui pose, en toute
clarté, les revendications d'autonomie des populations des vallées
alpines. L'autre Valdôtain célèbre de cette époque, Federico
Chabod, s'arrangera pour ne pas être présent, mais pour recevoir
tous les renseignements nécessaires. Emile Chanoux développera
les conclusions de cette rencontre dans son essai " Federalismo
e autonomie ", publié en 1944, naturellement après sa mort,
dans les cahiers " L'Italia libera " du Parti d'Action. Trahi
par la Résistance italienne, et arrêté le 18 mai 1944 à Aoste
avec Lino Binel, un autre des protagonistes de la Résistance
valdôtaine, Emile Chanoux meurt au cours de la nuit à la suite
des tortures infligées par les nazi-fascistes.
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